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À l'intention des professionnels de santé

Ce que publier apporte — et ce que cela n'apporte pas

Cette page ne vend rien. Elle expose ce qu'écrire pour le public change, ce que le cadre déontologique marocain en dit depuis 2021, et ce qui se pratique ailleurs. Chaque affirmation porte sa source.

Le cadre a changé en 2021, et peu de praticiens le savent

Le code de déontologie de la profession de médecin, publié au Bulletin officiel le 15 juillet 2021, maintient l'interdiction de la publicité. Ce n'est pas nouveau. Ce qui l'est, c'est qu'il encadre désormais explicitement d'autres formes de communication, en tenant compte de la demande croissante d'information médicale.

L'information communiquée au public — dans la presse comme sur les réseaux sociaux — doit être de nature générale, conforme aux données scientifiques actualisées, objective, correcte et susceptible de vérification. Elle ne peut en aucun cas consister en une promotion des compétences ou de l'expérience du praticien.

Autrement dit : informer est permis, et même prévu ; se mettre en avant ne l'est pas. La distinction ne tient pas au support, elle tient à ce qu'on écrit.

Un article daté, sourcé, relu par un pair et portant son niveau de preuve est précisément le format qui répond à ces conditions — « susceptible de vérification » n'est pas une figure de style, c'est une exigence que la bibliographie satisfait ligne à ligne.

Ce que cela change, concrètement

Cinq effets, dans l'ordre où ils comptent pour un praticien. Aucun ne concerne sa patientèle.

  • Vous corrigez ce qui circule sur votre discipline

    L'OMS a donné un nom à ce phénomène — l'infodémie — et a documenté ses effets : perte de confiance, retard de recours aux soins, recours à des traitements non validés. Une revue de l'OMS Europe (2022) conclut que la désinformation affecte négativement les comportements de santé. Ce qu'on lit en ligne sur une pathologie est souvent approximatif, ou traduit sans le contexte marocain. La seule façon de corriger un texte faux est qu'un texte juste existe.

  • Vous écrivez dans un format relu, pas dans un fil

    Un relecteur médical indépendant vérifie chaque article avant publication — jamais l'auteur lui-même. Votre nom n'engage que ce que vous avez validé, et la relecture est signée. C'est la différence entre un post qui disparaît en deux jours et un document que vous pouvez assumer devant un confrère.

  • Vous êtes lu en arabe aussi

    L'OMS entretient un programme mondial dédié à la production d'information sanitaire de qualité en langue arabe : le besoin est reconnu au plus haut niveau institutionnel. Aucune revue académique n'offre à un praticien marocain de paraître dans les deux langues. Ici, la version arabe est facultative, et elle n'est servie qu'après relecture par un arabophone.

  • Le texte reste, daté et citable

    Chaque article porte sa date de publication, sa date de mise à jour, ses sources et son niveau de preuve, à une adresse stable. C'est ce qui le rend référençable — par un confrère, par un patient à qui vous donnez le lien plutôt que de répéter l'explication, par vous-même dans six mois.

  • Vous gardez la main

    Vous restez l'auteur. Vous mettez à jour, vous corrigez, vous retirez — à tout moment et sans avoir à le demander. Un texte de santé qui ne peut pas être corrigé est un texte qui vieillit mal.

Ce que cela n'apporte pas

Nous préférons l'écrire. Un praticien qui découvrirait ces limites après coup aurait raison de nous le reprocher.

  • Aucune patientèle. Rien dans le parcours ne conduit le lecteur d'un article vers une prise de rendez-vous avec son auteur, et c'est volontaire : ce dispositif relèverait du démarchage que le code interdit.
  • Aucun classement, aucun rang, aucune mise en avant personnelle. Le badge d'auteur n'améliore pas la position d'une fiche dans l'annuaire.
  • Aucune rémunération. Publier est gratuit, et n'est pas rétribué.
  • Aucune garantie d'audience. Nous mesurons les vues et vous les montrons ; nous ne promettons pas de chiffre.
  • Aucun délai de publication garanti à ce jour. La relecture est humaine, et nous ne tiendrons pas une promesse que nous ne pouvons pas encore mesurer.

Si votre objectif est de développer une patientèle, cette plateforme n'est pas l'outil — et aucun outil conforme à votre code ne le serait.

Ce qui se pratique ailleurs

Trois points de repère, pour situer la démarche. Aucun n'est marocain : c'est précisément ce qui manque.

France

La vulgarisation médicale entre dans les dispositifs publics

Un médecin généraliste vulgarisateur a vu son site pédagogique intégré à « Mon espace santé », la plateforme nationale française, après une procédure de sélection exigeante — en tant que seul vulgarisateur médical participant à titre individuel. La reconnaissance institutionnelle de ce travail existe donc, mais elle reste rare et lente à obtenir.

Europe

L'OMS travaille la qualité de l'information de santé en ligne

Le bureau européen de l'OMS a engagé en 2023 des collaborations pour améliorer la qualité de l'information de santé disponible en ligne, après avoir établi en 2022 que l'infodémie et la désinformation dégradent les comportements de santé. Le sujet est traité comme un problème de santé publique, pas de communication.

Monde arabe

Un programme dédié à l'information sanitaire en arabe

L'OMS entretient un programme mondial en langue arabe pour produire et traduire de l'information sanitaire fiable. L'existence même d'un programme dédié dit l'ampleur du déficit — et ce qu'un praticien arabophone peut y apporter que personne d'autre ne peut apporter à sa place.

Sources

Tout ce qui est affirmé sur cette page vient de l'un de ces documents. Les points de déontologie sont rapportés, non interprétés : ce n'est pas un avis de droit, et un praticien qui a un doute sur sa situation doit interroger le conseil de l'Ordre.

  1. Décret n° 2-21-225 — code de déontologie de la profession de médecin (BO n° 7002, 15 juillet 2021)
  2. Médias24 — « Médecins et réseaux sociaux : un texte pour mettre de l'ordre »
  3. OMS — Désinformation et santé publique (questions-réponses)
  4. OMS Europe — « Infodemics and misinformation negatively affect people's health behaviours » (2022)
  5. OMS Europe — Améliorer la qualité de l'information de santé en ligne (2023)
  6. OMS — Programme mondial en langue arabe
  7. Egora — un médecin généraliste vulgarisateur reconnu par l'Assurance maladie (WhyDoc)

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