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Santé de la femmeContenu vérifié médicalement7 min de lecture

Infections urinaires à répétition : chercher pourquoi ça revient

Quatre épisodes par an changent la question : ce n'est plus l'épisode qu'on soigne, c'est la récidive. Les facteurs réels, ce qui marche contre ce qui relève de la croyance, et le bilan utile.

Rédigé par Équipe SantéauMaroc

Rédaction médicale — SantéauMaroc

Vérifié par Dr Hanae El Amrani · Médecin généraliste — nutrition et médecine du sport

Sommaire (6 sections)
Femme tenant un verre d'eau à hauteur de poitrine

Une cystite se traite. Trois cystites dans l'année, c'est un autre sujet : ce n'est plus l'épisode qu'il faut soigner, c'est la récidive qu'il faut comprendre. Et la réponse est rarement « boire de la canneberge ».

À partir de quand parle-t-on de récidive

La définition usuelle est simple : au moins quatre épisodes en un an, ou deux en six mois. En dessous, il s'agit d'épisodes isolés, à traiter comme tels — voir les brûlures urinaires. Au-dessus, la démarche change : on cherche pourquoi cela revient.

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Pourquoi les femmes, et pourquoi certaines

L'anatomie explique l'essentiel : l'urètre féminin est court, et son abouchement proche de la zone où vivent les bactéries digestives. Cela suffit à rendre l'infection urinaire banale chez la femme et rare chez l'homme — chez qui, précisément, elle n'est jamais anodine.

Chez celles que cela touche souvent, on retrouve fréquemment un ou plusieurs de ces facteurs :

  • les rapports sexuels, mécaniquement, sans que l'hygiène soit en cause ;
  • la ménopause : la baisse hormonale modifie la muqueuse et la flore locale, ce qui explique un pic de récidives à cette période ;
  • une constipation chronique ;
  • des boissons insuffisantes et des mictions trop espacées ;
  • un diabète mal équilibré ;
  • certains spermicides et diaphragmes.

Ce qui marche, et ce qui relève de la croyance

  • Boire davantage — c'est la mesure la mieux démontrée, et la plus simple. Elle réduit réellement le nombre d'épisodes.
  • Ne pas se retenir, et uriner après les rapports.
  • Traiter la constipation, qui entretient le réservoir bactérien.
  • La canneberge : les preuves sont faibles et discordantes. Ce n'est ni dangereux ni un traitement, et cela ne remplace jamais une consultation.
  • Les toilettes intimes répétées et les douches vaginales : contre-productives, elles abîment la flore protectrice.

Après la ménopause, un traitement local prescrit par le médecin modifie durablement la donne chez beaucoup de femmes. C'est l'une des rares mesures qui agit sur la cause plutôt que sur l'épisode.

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Ce qui n'est plus une cystite

Fièvre, frissons, douleur dans le dos d'un seul côté, vomissements : ce n'est plus une cystite mais une infection du rein. Elle se voit le jour même, sans attendre.

De même, du sang dans les urines, une grossesse en cours, un diabète, une infection chez l'homme ou chez l'enfant imposent un avis médical rapide et non une automédication.

Le bilan quand cela revient

Le premier examen n'est pas une imagerie, c'est un ECBU : une analyse d'urine qui identifie la bactérie et teste les antibiotiques efficaces. Elle se prélève avant tout traitement, sans quoi elle ne dit plus rien. Une échographie des voies urinaires est demandée en cas de récidives vraies, pour écarter une cause favorisante.

C'est aussi l'occasion de vérifier qu'il s'agit bien d'infections : des brûlures répétées avec des analyses négatives orientent vers autre chose, notamment une mycose vaginale ou une irritation.

Le réflexe à abandonner

Reprendre un reste d'antibiotique d'un épisode précédent est la pire idée : la dose est incomplète, le germe n'est pas forcément le même, et c'est ainsi que se construisent les résistances qui rendront le prochain épisode plus difficile à traiter. Un antibiotique se prescrit, à chaque fois.


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Questions fréquentes

À partir de combien d'épisodes parle-t-on d'infections urinaires à répétition ?

À partir de quatre épisodes en un an, ou deux en six mois. En dessous, il s'agit d'épisodes isolés que l'on traite comme tels ; au-dessus, la démarche change et l'on cherche un facteur favorisant.

La canneberge protège-t-elle vraiment des cystites ?

Les preuves sont faibles et discordantes. Ce n'est ni dangereux ni inutile à essayer, mais ce n'est pas un traitement et cela ne remplace pas une consultation. Boire davantage est la mesure la mieux démontrée.

Pourquoi les infections urinaires reviennent-elles après la ménopause ?

La baisse hormonale modifie la muqueuse et la flore locale, ce qui favorise les récidives. C'est l'une des rares situations où un traitement local prescrit par le médecin agit sur la cause et réduit durablement le nombre d'épisodes.

Peut-on reprendre un antibiotique qu'il reste d'une cystite précédente ?

Non. La dose restante est incomplète, la bactérie n'est pas forcément la même, et c'est ainsi que s'installent les résistances qui compliqueront le prochain épisode. Un antibiotique se prescrit à chaque fois.

Quand une infection urinaire devient-elle urgente ?

Devant de la fièvre, des frissons, une douleur du dos d'un seul côté ou des vomissements : il s'agit alors d'une infection du rein, qui se voit le jour même. C'est aussi le cas pendant une grossesse, chez l'homme et chez l'enfant.

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