Coup de chaleur : le signe qui fait la différence, et ce qu'il ne faut pas faire
Épuisement ou coup de chaleur : ce qui les sépare est l'état de conscience. Les gestes qui sauvent en attendant les secours, et les erreurs qui aggravent.
Rédigé par Équipe SantéauMaroc
Rédaction médicale — SantéauMaroc
Vérifié par Dr Hanae El Amrani · Médecin généraliste — nutrition et médecine du sport
Sommaire (7 sections)

Deux tableaux portent presque le même nom et n'ont pas du tout la même gravité. L'un se règle à l'ombre avec de l'eau. L'autre tue en quelques heures si personne ne le reconnaît.
Le signe qui tranche
Ce n'est ni la température ressentie, ni la soif, ni la quantité de sueur. C'est l'état de conscience. Une personne qui devient confuse, incohérente, agressive sans raison, somnolente — ou qui convulse, ou qui perd connaissance — fait un coup de chaleur. C'est une urgence vitale.
Avant ce stade, il s'agit d'un épuisement dû à la chaleur : fatigue intense, maux de tête, nausées, crampes, sueurs abondantes, peau moite et pâle, sensation de malaise. La conscience reste normale. Mis à l'ombre, allongé, réhydraté, le malade va mieux en une heure.
S'il ne va pas mieux, ou si la conscience se trouble, on bascule dans l'urgence. Voir le coup de chaleur.
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Ce qu'on fait, dans cet ordre
- Appeler les secours. Pas après avoir essayé autre chose : d'abord.
- Sortir de la chaleur : ombre, pièce fraîche, voiture climatisée à l'arrêt.
- Allonger, jambes surélevées, et déshabiller.
- Refroidir activement : mouiller la peau abondamment, éventer ou ventiler en continu, linges humides sur la nuque, les aisselles et les plis de l'aine. Le refroidissement commence tout de suite, il n'attend pas l'ambulance.
- Ne rien faire boire à une personne confuse ou somnolente : elle avale de travers.
Ce qui aggrave, et qui se fait pourtant
- Attendre que ça passe. C'est l'erreur qui coûte le plus cher : chaque minute au-dessus du seuil compte.
- Donner un médicament contre la fièvre. Ce n'est pas une fièvre infectieuse mais une surchauffe : ces traitements n'y font rien et peuvent nuire.
- Plonger brutalement dans l'eau glacée une personne âgée ou cardiaque, sans surveillance.
- Faire boire de force quelqu'un qui ne répond pas correctement.
- Laisser la personne seule « le temps d'aller chercher de l'aide ».
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Qui bascule le plus vite
Le nourrisson et l'enfant, dont la régulation thermique est immature. La personne âgée, chez qui la soif s'émousse et la sudation diminue — voir chaleur et déshydratation du senior. Celui qui travaille dehors : chantier, marché, champ, livraison. Le sportif qui force aux heures chaudes. Et toute personne sous diurétiques, traitements du cœur ou psychotropes, qui perturbent la thermorégulation — raison de plus pour en parler à son médecin avant l'été.
Deux situations marocaines qui reviennent chaque été
L'enfant laissé dans une voiture. Jamais, même cinq minutes, même à l'ombre, même vitres entrouvertes : l'habitacle grimpe en quelques minutes, et un enfant y surchauffe bien plus vite qu'un adulte.
Le travail en extérieur aux heures chaudes. Le coup de chaleur d'effort frappe des adultes jeunes et en bonne santé. Il ne prévient pas davantage : là aussi, c'est le comportement qui change avant la sueur.
Éviter d'en arriver là
Boire régulièrement sans attendre la soif, rester dans la pièce la plus fraîche aux heures de pointe, vêtements amples et clairs, repas légers, et décaler les efforts au petit matin ou en soirée. Une personne âgée seule se contrôle une fois par jour pendant un épisode de chaleur — c'est le geste le plus efficace de toute cette liste. Pour la peau et le soleil, voir peau mate et protection solaire.
Le parcours de prise en charge est décrit dans comment traiter un coup de chaleur.
Consulter
Après un coup de chaleur, un bilan s'impose — le rein et le cœur ont pu souffrir. Pour préparer l'été avec une maladie chronique ou un traitement, prenez rendez-vous avec un médecin généraliste.
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Questions fréquentes
Comment distinguer un coup de chaleur d'un simple malaise dû à la chaleur ?
Par l'état de conscience. Dans l'épuisement, la personne est fatiguée, nauséeuse, moite mais lucide, et elle va mieux à l'ombre en une heure. Dans le coup de chaleur, elle devient confuse, incohérente, somnolente, voire convulse : c'est une urgence vitale.
Que faire en attendant les secours ?
Sortir la personne de la chaleur, l'allonger jambes surélevées, la déshabiller, mouiller sa peau abondamment et la ventiler en continu, avec des linges humides sur la nuque, les aisselles et l'aine. Ne rien faire boire à quelqu'un de confus ou somnolent.
Peut-on donner un médicament contre la fièvre ?
Non. Un coup de chaleur n'est pas une fièvre d'origine infectieuse mais une surchauffe du corps : ces traitements sont inefficaces dans cette situation et peuvent être nocifs. Le refroidissement physique est le traitement.
Qui est le plus exposé au Maroc ?
Les nourrissons et les enfants, les personnes âgées, celles qui travaillent dehors — chantier, marché, champ, livraison — les sportifs qui forcent aux heures chaudes, et les personnes sous diurétiques, traitements du cœur ou psychotropes.
Faut-il consulter après un coup de chaleur ?
Oui, même si la personne semble récupérer : le rein, le foie et le cœur peuvent avoir souffert, et un bilan permet de le vérifier. Une prise en charge hospitalière initiale reste la règle dans les formes avec troubles de la conscience.
Sources et références
Ce contenu s'appuie sur des sources médicales de référence, consultées et vérifiées à la date de mise à jour.
- Heat exhaustion and heatstroke — National Health Service (NHS)
- Changement climatique, chaleur et santé — Organisation mondiale de la Santé (OMS)
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