Ramadan : qui ne doit pas jeûner, et pourquoi
Les situations où le jeûne est médicalement déconseillé, comment la décision se prépare des semaines à l'avance, et les signes qui imposent de rompre immédiatement.
Rédigé par Équipe SantéauMaroc
Rédaction médicale — SantéauMaroc
Vérifié par Dr Hanae El Amrani · Médecin généraliste — nutrition et médecine du sport
Sommaire (5 sections)

Le jeûne du Ramadan n'est pas une épreuve d'endurance, et l'islam prévoit des dispenses précisément pour cela. Côté médical, certaines situations rendent le jeûne risqué — parfois franchement dangereux. Voici lesquelles, et comment la décision se prépare, plusieurs semaines à l'avance.
Une décision médicale, et une décision religieuse
Les deux sont distinctes et se prennent séparément. Le médecin évalue un risque : déshydratation, hypoglycémie, déséquilibre d'un traitement, atteinte d'un organe. Il ne se prononce pas sur le plan cultuel. Pour cette dimension, un référent religieux vous renseignera sur les dispenses et leurs modalités. Cet article ne traite que du premier volet.
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Les situations où le jeûne est déconseillé
Ce ne sont pas des interdits absolus mais des situations où le rapport bénéfice-risque penche nettement, et où l'avis médical est indispensable avant de décider :
- Diabète traité par insuline, ou diabète déséquilibré, ou antécédent d'hypoglycémie sévère. Voir diabète et Ramadan.
- Maladie rénale avancée, et a fortiori dialyse : la restriction hydrique est le cœur du problème.
- Maladie aiguë en cours — infection, poussée inflammatoire, déshydratation récente.
- Grossesse à risque ou allaitement d'un nouveau-né : voir grossesse et Ramadan.
- Personne âgée fragile, dénutrie, ou sujette aux chutes : la déshydratation s'y installe vite et sans signal.
- Traitement à horaires stricts : anti-épileptiques, immunosuppresseurs, anticoagulants, certains traitements du cœur. Voir médicaments et jeûne.
- Cancer en cours de traitement, ou toute maladie exigeant des apports réguliers.
Ce qui se prépare avant, pas pendant
La consultation utile a lieu plusieurs semaines avant le Ramadan, pas la veille. Elle sert à trois choses : évaluer le risque propre à votre situation, réorganiser les prises de médicaments, et fixer à l'avance les seuils qui imposeront de rompre. Une personne qui sait ce qu'elle doit surveiller jeûne plus sereinement — ou renonce en connaissance de cause.
Si vous vivez avec une hypertension ou un diabète, cette consultation n'est pas optionnelle.
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Les signes qui imposent de rompre immédiatement
Malaise, sueurs froides, tremblements ou confusion — surtout chez une personne diabétique ; palpitations avec sensation de malaise ; urines très foncées ou absence d'urines ; vomissements répétés ; douleur dans la poitrine ; fièvre élevée. Rompre le jeûne dans ces situations n'est pas un échec : c'est la conduite médicale correcte, et l'islam l'autorise.
Une perte de connaissance impose un avis médical, même si tout rentre dans l'ordre ensuite.
Jeûner en limitant les risques
- Boire abondamment entre le coucher et le lever du soleil, en répartissant sur toute la période plutôt qu'en deux grands verres.
- Ne pas sauter le repas d'avant l'aube, et y privilégier ce qui libère l'énergie lentement.
- Déplacer l'effort physique après la rupture, pas en fin d'après-midi.
- Se surveiller : glycémie pour les diabétiques, tension pour les hypertendus, poids et urines pour tous.
Une maladie chronique et une question sur le jeûne ? Sur SantéauMaroc, trouvez un médecin près de chez vous et prenez rendez-vous en ligne, plusieurs semaines avant le Ramadan.
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Questions fréquentes
Qui ne doit pas jeûner pendant le Ramadan ?
Sur le plan médical, le jeûne est déconseillé en cas de diabète traité par insuline ou déséquilibré, de maladie rénale avancée ou de dialyse, de maladie aiguë en cours, de grossesse à risque, de fragilité chez la personne âgée, de traitement à horaires stricts, ou de cancer en traitement. La décision se prend avec un médecin.
Quand consulter avant le Ramadan ?
Plusieurs semaines avant, jamais la veille. La consultation sert à évaluer votre risque propre, à réorganiser les prises de médicaments et à fixer à l'avance les seuils qui imposeront de rompre le jeûne. C'est ce qui permet de jeûner sereinement, ou de renoncer en connaissance de cause.
Quels signes imposent de rompre le jeûne ?
Un malaise avec sueurs froides, tremblements ou confusion, des palpitations avec sensation de malaise, des urines très foncées ou absentes, des vomissements répétés, une douleur dans la poitrine ou une fièvre élevée. Rompre dans ces situations est la conduite médicale correcte.
Le médecin peut-il décider à la place du religieux ?
Non, et ce sont deux décisions distinctes. Le médecin évalue un risque pour la santé et ne se prononce pas sur le plan cultuel. Pour les dispenses et leurs modalités, un référent religieux vous renseignera. Les deux avis se complètent.
Comment limiter les risques si l'on jeûne malgré une maladie chronique ?
En buvant abondamment et régulièrement entre le coucher et le lever du soleil, en ne sautant pas le repas d'avant l'aube, en déplaçant l'effort physique après la rupture, et en se surveillant : glycémie pour les diabétiques, tension pour les hypertendus, poids et couleur des urines pour tous.
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